qui cherche son chemin trouve la pensée magique
tous les sept ans, une porte aux fées s'entrebaille dans ma vie (je n'ai pas compté, mais ça fait joli 7 ans !) une brèche ondoyante m'attire à elle et m'offre une nouvelle lecture du monde.
Il y a quelques jours, je m'y suis faufilée, heureuse de faire causette. Sitôt entraînée sur un drôle de sentier, je découvrais les merveilles d'un paysage aux reflets de l'enfance et ses rêveries sauvages, lorsque est apparu dans toute sa puissance le petit chaperon rouge. J'ai suivi sa trace, jusqu'au moment où... Comme le dit si bien Meerkat, les contes de fées ne sont vraiment pas faits pour les enfants !
Cette fois, en guise de métamorphose, ma vie d'un coup s'est déliée la langue : mon défi du moment cachait la forêt !
Ce défi était tout ce qu'il y a de plus honnête : celui d'élargir mon approche des images; ce que je ne savais pas, c'est que tapi dans l'ombre, un défi bien plus éprouvant m'attendait.
Entrer dans la ronde d'une histoire pour l'illustrer peut couler de source : je me faisais à l'idée de concevoir mes images sous forme de suites et de m'ajuster au fil d'un récit connu d'avance; ah ! pour comprendre la dimension de défi, il faut savoir que j'ai pris goût à ma liberté en une seule année ! Je dois réapprendre à mettre des chaussures et utiliser des couverts pour manger... 
Mais voilà que je me retrouve à mille lieues de moi au milieu de la forêt obscure : quelle épreuve ! (je ne veux pas en rajouter, libre à vous de visiter le billet qui s'y rapporte). Heureusement, les fées veillaient, une chose est sûre : je n'étais pas seule dans cette densité, le cerf que vous voyez, guide de la forêt et de la puissance de l'imaginaire m'a prise par la main et baignée de lumière et d'amour, alors que je me retrouvais prisonnière de cette question obsédante : Perd-on sa pureté intérieure lorsque l'on perd son innocence ?
Ressentir la palpitation de la lumière, percevoir son onde d'énergie a dissout mes peurs et réduit l'épreuve incertaine à sa juste portion de défi. Il ne me reste plus maintenant qu'à suivre le premier de mes défis, bien plus charmant : illustrer l'histoire du petit chaperon rouge. 





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Commentaires
1. Le jeudi 14 septembre 2006 à 04:18, par Dado
Excuse-moi pour cette question (qui ferait devenir Cali aussi rouge que le Chaperon) : le cerf, il est entièrement dessiné ou c'est une photo retouchée ?
J'ai eu deux occasions de voir un cerf de très près dans la forêt, c'est vraiment un instant magique.
Et bon courage pour ton défi : il me tarde de voir les illustrations du Chaperon Rouge. Tu les publieras sur le blog ?
2. Le jeudi 14 septembre 2006 à 10:30, par sensørie
Dado, Oh ! alors là, s'il te plaît, raconte, peut-être l'as-tu déjà fait sur ton blog ?
Merci de me faire confiance en osant poser une question dont tu connais les travers, tu rends service à tout le monde, car, au fond, chacun va se la poser; cette question est une sorte d'entrée en matière.
Ce cerf est : j'ai choisi le dessin, le trait, pour le révéler; la raison en est simple : je ne disposais pas de photographie !
A l'inverse de Cali dont la démarche me semble picturale, je n'utilise pas la photographie comme modèle, je l'incorpore dans l'image et pratique la fusion (superpositions d'images avec jeu de transparences), encore plus exaltante que le collage et qui procède pour moi du même esprit.
Le dessin nécessite une connaissance intime, approfondie de ce que l'on représente (j'aime les dessins de naturalistes, ceux des sculpteurs, en particulier Michel Ange).
Pour ce cerf, je me suis risquée au dessin, en état d'urgence : une sorte d'instinct de ma main (j'utilise une palette graphique, la transposition d'un crayon). J'ai tenté de visualiser quelque chose, une force dans laquelle puiser une énergie appropriée pour dépasser mon sentiment de vide et de chaos (un sentiment que je croyais disparu de ma vie).
Mon approche est plus qu'. Je ne sais pas encore comment tu la perçois et j'en suis bien curieuse.
Par le pouvoir de l'image, il s'est créé une rencontre avec un cerf, un instant magique grâce auquel existe un avant et un après.
Etrangement, j'avais commencé à travailler l'image de ce cerf en tant qu'avatar (quel vilain mot) pour les besoins d'un forum, un forum animé de personnes assez exceptionnelles. Si Vesta passe par là, elle ne s'étonnera sans doute pas que ce cerf y ait gagné en puissance et m'ait sortie de cette forêt obscure à laquelle je faisais référence dans mon billet.
Tout ça est aussi simple à vivre que complexe à traduire en mots, je m'accroche, j'aime tant les échanges !
Pour revenir au petit chaperon rouge, oui, bien entendu, j'en publierai les images sur ce blog, ce boudoir est son berceau.
Je m'amuse de constater que plus je suis encouragée dans mon défi d'illustration, plus la tâche se fait légère, j'ai plutôt le réflexe du blocage habituellement, me sentant contrainte à un résultat, merci pour toute cette émulation. Quelle belle compagnie que les uns et les autres.
3. Le jeudi 14 septembre 2006 à 15:03, par MysEternity
Bonjour sensorie,
me voilà par ici, ce qui m'a le plus interpellé dans ton sujet c'est :
: Perd-on sa pureté intérieure lorsque l'on perd son innocence ?
innocence me fait penser à l'enfance
Ne sommes nous pas tous les enfants de l'univers charmant, pris et etreints dans son embrasement...
Doit-on renaître pour retrouver l'innocence que l'on avait perdu??
bizz parfumée à toi
4. Le jeudi 14 septembre 2006 à 15:43, par sensørie
Ça alors, il y a quelques temps j'avais repéré par le biais de mes statistiques un lien vers ici-même depuis un blog nommé Eloah, j'avais l'intention d'entrer en contact avec l'accueillante ou l'accueillant un jour ou l'autre ! Et voilà que c'est toi

Peut-être n'es-tu pas passée sur le billet associé à celui-là : le petite chaperon rouge au pays de Jocaste ! Ton message n'en reste pas moins inspiré.
D'une certaine manière, renaître est ce que l'on fait lorsque l'on tourne une page, que l'on assume sa réalité. C'est un aspect que je ne connaissais pas encore étant donné ma tendance à ruminer !
5. Le jeudi 14 septembre 2006 à 19:48, par Dado
>> sensorie: Ce cerf est entièrement dessiné : j'ai choisi le dessin, le trait, pour le révéler; la raison en est simple : je ne disposais pas de photographie !
Waw! O_o Et bien toutes mes félicitations. C'est vraiment un cerf et le visage ressemble pas mal à un dessin que j'avais fait, mais d'après photo. Je publierai ça sur mon blog et je raconterai l'histoire de mes rencontres avec des cerfs.
6. Le jeudi 14 septembre 2006 à 20:59, par sensørie
Dado, lorsque je dis que je ne disposais pas de photographie, je fais référence à une photographie haute définition utilisable en elle-même.

Bien que ce ne soit pas un dessin d'observation, je me suis tout de même appuyée sur des images de cerf glanées sur le net pour me mettre en condition, intérioriser le cerf.
C'est bien dommage que notre discussion se réduise pour l'instant aux aspects techniques. Tentons la patiente.
Je suis ravie que tu racontes tes rencontres avec des cerfs et serai très attentive.
7. Le vendredi 15 septembre 2006 à 14:18, par Meerkat
Dis donc Sensorie, je viens juste de le réaliser (toute occupée à faire la vaisselle, un comble), mais toi tu le sais sûrement : tes expériences de type "chamanique" qui m'émerveillent, et tes affinités électives ne portent pas sur n'importe qui dans le bestiaire.
D'abord, les animaux dont tu parles et dont je me souviens le plus, c'est le gratin du monde animal, des symboles de puissance, voire de royauté. Des princes.
Mais surtout, dans les cultures des Indiens d'Amérique, ils ont une valeur bien particulière : ce sont des guides et des protecteurs, des animaux de soleil et de lumière. Le faucon (qu'il me pardonne si je l'avais pris pour un aigle) est un ange gardien chez les Incas. Le cerf, annonciateur de la lumière, guide vers la clarté du jour chez les Pawnees. La panthère, plus ambivalente et réputée dangereuse, est cependant sous sa forme jaguar l'esprit protecteur des chamans chez les Mayas (je crois).
Mazette ! Quels soutiens bénéfiques ! Une fée indienne s'est penchée sur tes rêves.
(j'ai croisé mes souvenirs avec le Dictionnaire des Symboles)
8. Le vendredi 15 septembre 2006 à 15:56, par brol
Au Moyen-Age, aigle était du genre féminin (c'était la seconde de culture brolesque...).
9. Le vendredi 15 septembre 2006 à 16:12, par sensørie
Meerkat, oui, j'ai arrêté l'autruche et le macareux (oulà, tout à fait momentanément ! J'entends déjà des plaintes !) c'est pas qu'ils étaient de mauvaise compagnie du tout mais pour l'autruche (ma passion date d'il y a 20 ans), on a commencé à en trouver au rayon surgelé, ce qui m'a cassé le moral, quant au macareux, je n'arrive plus à mettre la main sur des croquis très importants à mes yeux, du coup ça bloqué notre relation, d'ailleurs, petit message : j'attends toujours qu'ils se montrent !
Connais-tu aux Editions du Roseau ? C'est un jeu de cartes divinatoires créé à partir de la Roue de Médecine des Amérindiens. J'y ai recours parfois : je tire une carte au hasard et je fais connaissance avec l'un de ses 52 animaux en lisant son message.
Je suis toujours étonnée de me retrouver épinglée par la carte, reprise dans mon comportement comme pourrait le faire un éducateur, si bien que je range tout ça vite fait bien fait, non mais !!
Les animaux de mon bestiaire sont plus maternants, non pas qu'ils me caressent toujours dans le sens du poil mais, ils sont présents à mes côtés, animalement parlant.
10. Le vendredi 15 septembre 2006 à 18:08, par sensørie
Merci Brol de cet intermède minimaliste, lorsque tu auras deux minutes, je t'autorise à développer
11. Le samedi 16 septembre 2006 à 03:15, par théo
Bonjour, Je retrouve avec plus d'amusement que d'étonnement cette phrase ("Perd-on sa pureté intérieure lorsque l'on perd son innocence ?") que j'ai été récemment amené à me poser. Il me semble que ce n'est pas incompatible ni paradoxal, à condition de s'entendre sur le sens des mots. L'innocence me semble se rattacher au monde infantile, aux idéaux impossibles de l'enfance, style prince et princesse charmants, désir de transparence, etc... auxquels il me paraît sain et prudent de renoncer en grandissant, alors que la pureté a trait à la préservation de sa lumière intérieure (image de soi, de la vie, des autres) face à tout ce qui pourrait la ternir.
12. Le samedi 16 septembre 2006 à 09:32, par sensørie
Bonjour Théo, il est bien rare que je fasse des Phrases sur ce blog ! Celle-ci, que tu attrapes au vol, m'a échappée : un cri du cœur; résultat : elle se retrouve extraite et voilà que je m'apprête à la défendre.
Dommage que tu n'ais pas mis un lien vers le billet qui se rapporte à ton questionnement; si tu repasses par là...
Je n'ai pas abordé cette question en tant que sujet de société, elle se présente dans un contexte bien précis un de ces contextes qui parfois mène devant les tribunaux, ne serait-ce que pour dire, comprendre, ne pas avoir à renoncer pour renoncer.
Du temps a passé depuis ces deux billets, aujourd'hui je me dis qu'il existe une voie non pas de renoncement, mais de dépassement de l'innocence dont le gain est le dépassement de sa propre histoire. Les contes sont une voie pour s'ouvrir à l'universalité.
13. Le lundi 18 septembre 2006 à 10:47, par vesta
Ce n'est pas pour rien que le cerf est venu à toi... La symbolique du cerf renvoie au sauveur et à l'innocence, il est le symbole de la renaissance et de la croissance cycliques en relation avec le ciel et la lumière. En tant que seigneur de la forêt, il protège toutes les créatures dont il a la responsabilité, celles dont l'âme sauvage est restée proche de la vraie Nature. Tu vois, tu ne peux pas être dans de meilleures pattes...
14. Le lundi 18 septembre 2006 à 11:40, par sensørie
Vesta, c'est lumineux
Ce qui me réjouit le plus, c'est qu'il existe sur Terre des êtres spirituels venus faire l'expérience de la vie humaine et non pas seulement l'inverse !
15. Le jeudi 19 octobre 2006 à 00:23, par Cecile
Hello Vesta, qu'est ce qui te fait dire que "le cerf renvoie au sauveur et à l'innocence" ? Je suis interessée parce que je suis en train d'écrire un roman où un cerf joue justement ce rôle...c'est quelque chose de très émouvant pour moi et qui est venu apparemment de nulle part. Donc je serai interessée de savoir si cela repose sur une légende ou une tradition quelconque. Merci !
16. Le jeudi 19 octobre 2006 à 09:26, par sensørie
Bonjour Cécile,
Je transmets ton message à Vesta avec tes coordonnées mail dès que possible.
L'espace commentaires d'un billet n'est pas un forum : aucune certitude que les personnes qui ont participé à une discussion à un moment donné viendront ultérieurement le consulter (ici un mois plus tard), de plus, la confiance entre les personnes côtoyant un blog se construit au fil du temps. Difficile de faire irruption avec passion et d'emporter une réponse à sa question pour trouver son chemin ! La pensée magique vibre par sympathie.
Bonne continuation
17. Le jeudi 1 mai 2008 à 22:04, par Nostradamou
Fées et sorcières, venez faire un tour dans ma rubrique " Et voilà Nostradamou " sur l' URL malpolie de mes voisins anars. J' ai écrit très rapidement quelques lignes et surtout indiqué des livres qui peuvent vous intéresser . J' aime beaucoup le Dictionnaire des symboles dont parle Meerkat et je m' en sers pour expliquer mes rêves . Il est souvent plus explicatif que des ouvrages soi-disant spécialisés dans les rêves.
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