l'univers fabuleux de la chèvre, rencontre avec Pan
qui aurait cru qu'un jour, je me tournerais vers le monde caprin et en retirerais merveille ! Un signe pourtant, celui d'une image qui me captivait enfant : un majestueux moufflon perché dans la montagne me fixant d'un regard saillant; je jurerais qu'il me lance depuis toujours : dis, sauras-tu me rejoindre ? 
Ah ! les mœurs des caprinés ! La vie a placé sur ma route bon nombre d'entre eux : de lumineux béliers ou plus sombres capricornes ; avec ces derniers, en particuliers les mâles, le choc d'un rapport de force est quasiment assuré ! Quels charmants compagnons pour peu que vous vous rangiez de leur côté.
L'astrologie chinoise elle, identifie un animal nommé chèvre
ou mouton, selon la traduction.
Ah ! la chèvre ! (soupir)
Au delà de son goût pour les cabrioles, la fantaisie et l'imagination qui la caractérisent, notre adorable chèvre est pourvue de cornes et de sabots dont on dit qu'il vaut mieux se méfier !
C'est peut-être pour cette raison que l'animal véhicule une telle part d'ombre. Pour partager la vie d'un tel animal, je dois admettre qu'une vigilance n'est pas de trop. 
Bélier, capricorne, bouc, bouquetin, moufflon, chamois... Sous les sabots de la chèvre
, le dieu Pan.
Avec lui, le sens du geste et du rite, l'ambiguité se glisse au cœur des bestiaires : emblème de l'omniscience dans des bestiaires chrétiens du Moyen-Âge (le Bestiaire de Pierre le Picard, XIIIe siècle), symbole du Capricorne zodiacal dans l'ésotérisme ancien.
si quelque caprinologue fait un tour par ici, qu'il sache que mon humeur faunette lui rend hommage. 
Voici justement quelques prodiges en ligne :
la chèvre a besoin d'aimer et d'être aimée
rencontre avec Pan
Caprines




contact














Commentaires
1. Le mardi 9 janvier 2007 à 14:17, par meerkat
Quelle belle idée Sensorie de parler du monde caprin. Je vois que tu gambades sur les traces des faunes, et ton dieu Pan est ma foi bien doté !
Remarque que pour moi, avant de suivre tes liens, Pan signifiait uniquement le débridement sexuel.
J'ai eu l'occasion de vivre un peu avec quelques chèvres, pas très longtemps, mais assez pour apprécier leur esprit d'indépendance, leur malice, leur amour des bêtises, elles ont vite fait de décapiter un potager. Au moins, j'ai appris à traire une chèvre, et je pensais que l'on ne pouvait pas les soumettre aux trayeuses électriques car leur sensibilité et leur vivacité exigent beaucoup d'attention et de contact.
Les chèvres c'est aussi cette horrible histoire de Monsieur Seguin, qui châtie le goût des femmes pour la liberté (c'est le souvenir qui m'en reste). Mais les chèvres depuis, se sont bien rebellées. Ouf.
2. Le mardi 9 janvier 2007 à 15:42, par sensørie
Le monde caprin prend sa juste place dans mon bestiaire, il m'a tout à fait l'air de revendiquer une légitimité. J'ai retrouvé ce moufflon de mon enfance en rangeant mes affaires, en temps ordinaire, je rame lorsque je cherche quelque chose, là, pas du tout !
Ça faisait quelques temps que la chèvre me tournait autour et j'ai été très amusée de découvrir un écho (non concerté) chez brol, ma chèvre d'époux.
Reste à gérer cette énergie, je suis un peu sur les nerfs aujourd'hui : besoin d'action et d'espace de liberté alors que me voilà retournée à mon quotidien de femme à jongler avec le monde domestique et le monde professionnel !
Ainsi, tu as vécu la malicieuse compagnie de chèvres ?

J'adore les regarder vivre, par exemple les voir grimper sur un transat pour attraper un fruit dans un arbre, découvrir leur mille et une manière de suivre leur instinct, des manières bien à elles.
Mon image m'a ramenée à un film que j'adore : (1969) de Nelly Kaplan; l'héroïne, personnage subversif, incarne une femme qui s'affranchit de la société; image marquante : elle co-habite avec un bouc. A la disparition de son animal, elle arbore son portrait autour du cou en médaillon.
Il y a beaucoup à dire sur l'esprit de la chèvre, je n'en suis qu'au début de ces retrouvailles. Ceci est un appel à partager.
3. Le mardi 9 janvier 2007 à 15:42, par Christian
Bonjour,
Eh oui, Pan a une réputation qui tour à tour attire et repousse comme le caprin.
Voici ce que raconte Hérodote dans le chapitre Euterpe de son Enquête :
« Les Mendésiens, ceux des Égyptiens dont j'ai parlé, ne sacrifient ni chèvres ni boucs. En voici les raisons : ils mettent Pan au nombre des huit dieux, et ils prétendent que ces huit dieux existaient avant les douze dieux. Or les peintres et les sculpteurs représentent le dieu Pan, comme le font les Grecs, avec une tête de chèvre et des jambes de bouc : ce n'est pas qu'ils s'imaginent qu'il ait une pareille figure, ils le croient semblable au reste des dieux ; mais je me ferais une sorte de scrupule de dire pourquoi ils le représentent ainsi. Les Mendésiens ont beaucoup de vénération pour les boucs et les chèvres, et encore plus pour ceux-là que pour celles-ci ; et c'est à cause de ces animaux qu'ils honorent ceux qui en prennent soin. Ils ont surtout en grande vénération un bouc, qu'ils considèrent plus que tous les autres ; quand il vient à mourir, tout le nome Mendésien est en deuil. Le bouc et le dieu Pan s'appellent Mendès en égyptien. Il arriva, pendant que j'étais en Égypte, une chose étonnante dans le nome Mendésien : un bouc eut publiquement commerce avec une femme, et cette aventure parvint à la connaissance de tout le monde. »
Il existe de très beaux textes sur les chèvres dont celui de Fulbert Dumonteil que vous pouvez lire ici.
4. Le mardi 9 janvier 2007 à 16:21, par sensørie
Merci Christian pour cette apparition gratifiante, et merci à la chèvre qui m'a guidée.

Pour ma sensibilité, votre site : « sente de la chèvre qui bâille » est une source de vie, un endroit magique où se ressourcer parmi de belles personnes et des animaux qui "parlent"; le vent dans les branches, le frissonnement des mousses, les parfums furtifs ou persistants, tout est là. Quelle invitation à suivre les sentiers !
Je suis ravie de ce contact. Au plaisir de faire plus ample connaissance.
5. Le mercredi 10 janvier 2007 à 23:11, par meerkat
Juste un petit mot pour te dire combien ce billet me donne de la joie. Depuis que je l'ai lu, la chèvre me revient en mémoire et dans le coeur. Et c'est bien agréable. Le site Sente de la chèvre qui baille (quel beau nom) est une merveille, un beau chemin à suivre.
Par hasard connaitrais-tu un site sur l'âne ?
6. Le jeudi 11 janvier 2007 à 09:39, par sensørie
Hello Meerkat

J'étais sûre que le nom et le site te mettraient le cœur en fête ! Qui sait s'il n'y aura pas une suite à cette rencontre...
Ah ! l'âne ! peut-être peux-tu tenter ta chance sur le portail bourricot.com : l'an dernier, j'étais partie sur la piste d'une randonnée avec un âne, mais cette approche de l'âne utile, l'organisation minutée et les prix pratiqués m'ont renvoyée à mon désir de côtoyer l'animal sur son terrain plutôt que sur celui de l'Homme.
Si quelqu'un connait un site sur l'âne, moi aussi, je suis intéressée.
Sur ce, je retourne à ma chèvre et son monde libre.
7. Le jeudi 11 janvier 2007 à 11:11, par Christian
Je trouve aussi très joli le titre du site « Sente de la chèvre qui bâille » et même si, à l'instar d'un poème, le décortiquer n'apporte pas grand chose à ce qu'il peut évoquer, je vais vous en livrer quelques clefs :
Quand elle bâille, la chèvre ne manifeste ni lassitude, ni fatigue, ni faim particulière ; elle manifeste pour elle-même et vraisemblablement pour les autres son contentement.
Il existait une rue de la Chèvre qui bâille à Tours jusqu'à la fin du XIXe siècle ; à une époque où les noms des rues évoquaient plus des activités, des métiers, des animaux côtoyés, des réputations, des maisons, des personnages illustrés... que des personnages illustres.
Mi 2005, un raccourci piéton fut baptisé passage de la Chèvre qui bâille à Saint-Avertin (pour la petite histoire, les édiles de la ville ne voulaient pas qu'un habitant soit gêné par une adresse si peu « reluisante »), voici ce qu'en dit le correspondant du journal local : « Un chemin situé en partie sud des Phalènes vient d'être nommé « passage de la chèvre qui bâille. » L'appellation n'est pas innocente puisque c'est ainsi que ce noble animal exprime son bien-être(...). C'est donc un hommage-clin d'œil à un ardent défenseur de la gente caprine, Jean Domec. » La Nouvelle République, 25 mai 2005. Malheureusement, Jean ne put arpenter, à regret, ce chemin nouvellement baptisé, son état de santé ne lui permettait plus ce genre de promenade.
C'est pour soutenir celui-ci que quelques semaines auparavant je lançais la « Sente de la chèvre qui bâille ». Le mot « sente » m'inspirait - sans jeu de mots - plus que sentier (qui me semble de nos jours trop balisé) ou même parcours. C'est pourtant celui-ci, ses parfums et les conversations qu'il généra qui fait l'objet de ce site.
8. Le dimanche 8 février 2009 à 22:47, par youcef213
depuit, mon jeune age ,j'ai eu des chévres, c'est un animal capricieu intelligent,maintenant, j'ai 49 et j'ai trois biquettes, qui vont mettre bas bientot, c'est fabuleu,aujourd'hui ,brunette a mis ses deux pattes avant sur ma poitrine,quel fus ma surprise quand elle à commecer a me taper avec sa patte droite comme pour me dire donne moi une figue séchecar elle avait l'habitude d'en prendre une ou deux dans ma main.
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