parallèles
Je suis née femme du Sud, mes racines plongeant dans la Méditerranée entre le 39ème et le 36ème parallèle au sud de l'Espagne. J'ai aussi été conçue en Algérie, avant les événements, comme l'on dit avec pudeur; pourtant, depuis toujours, par quel mystère ai-je été aspirée par le Nord : les pays nordiques, leurs couleurs, leur approche de la terre et du cosmos, attirée vers cet ailleurs dont je me sens si proche !
Ce Sud dont je suis issue, par moments fugitifs, au détour d'un film, une musique, appelait en moi une place. J'éprouvais une douce exaltation à entrevoir ses horizons, oui, je ressentais des élans d'amour dans mon cœur et mon corps de femme, mais l'instant restait à l'instant, et je retournais à la magie du Nord... J'ai commencé ce billet fin 2006 mais il ne parvenait pas à voir le jour. Le voilà, maintenant. 
Comment font les parallèles pour se rencontrer ? Ne leur faut-il pas une intention divine ?
Je veux me souvenir qu'aujourd'hui s'est ancré mon amour pour les terres de la Méditerranée, au bras de l'homme qui m'offre le soleil et la lune réunis. Notre odyssée commence. Nous nous préparons à rentrer chez nous.
Mare Nostrum. 




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Commentaires
1. Le mercredi 5 mars 2008 à 19:30, par Prince Judicaël
Et bien la vie est le seul cadeau que nous offre les éléments de l'univers...Notre organe principal mélange les émotions vives, tristes et moroses...pourtant ce coeur nous remmène à la même satisfaction : l'amour... L'amour est la vie... Votre "petit" prince Bises
2. Le mercredi 5 mars 2008 à 20:33, par Lise
Belle route à vous deux
3. Le mercredi 5 mars 2008 à 20:47, par sensørie
Bonsoir Judicaël.


Très gentil à toi de faire l'effort de laisser une trace de ton passage et exprimer ta philosophie de grimpeur sous les étoiles.
Pas sûr que mon sire apprécie que tu te présentes comme mon prince aussi petit soit-il, mais bon, mettons ce défaut d'étiquette sur le compte de ta jeunesse. Avec tout mon respect.
Chère Lise, oh ! merci de tout cœur. Faire cap vers l'inconnu a quelque chose de merveilleux, c'est aussi l'aventure pour de vrai, ça fout les jetons. Alors les encouragements sont bien agréables.

Sans le savoir, je m'y préparais depuis bien longtemps. Rétrospectivement, je comprends le sens de tout un tas d'événements de ma vie. Ah ! si l'on faisait toute confiance à son futur, on vivrait plus sereinement le présent. Soupir.
4. Le jeudi 6 mars 2008 à 19:32, par Silent
Mais non, aucun problème. Comment pourrait-on en vouloir à quelqu'un d'admirer qui est si adorable, et que soi-même on adore ?
Je règne sur ton coeur, ô ma Reine, pas de place pour le doute
Merci Lise pour tes voeux. Cest une bien belle route, éblouie de soleil, qui est apparue au carrefour de nos destinées pour les unir, où nous avons retrouvé nos ombres enfantines, qui y naviguaient depuis.
C'est une extraordinaire, émouvante histoire que notre rencontre. Elle mérite d'être contée quelque jour.
Comme nous avons grandi, elle ouvre aussi plein de questions, certaines drôles, d'autres sérieuses, sur l'avenir de l'Homme
, puisqu'elle nous donne l'occasion d'un double regard : il y a "avant" et "après", et nous savons maintenant ce que c'est que vivre "sans" et "avec".
On pourrait nous objecter la jeunesse de notre histoire, et combien il est tôt pour espérer apporter notre science sur les rapports entre les hommes et les femmes...
Mais justement, une des étonnantes facettes de notre trajectoire est son rapport au temps.
Ce blog n'est donc sans doute ni l'heure ni le lieu, mais il est de coutume de retourner un présent, et nous pourrons, ailleurs, au moins témoigner, puisqu'il semble que nous soyons un peu plus bavards que les milliers d'autres oiseaux au chocolat à qui c'est arrivé
Voilà un début de conversation posé avec assez de douceur j'espère, pour me faire pardonner mon entrée fracassante (ah ces gros sabots
), et maintenant Sensorie, si tu souhaites que je poursuive sur ce thème, à toi d'orienter...
Pour ce qui est de la Méditerranée, c'est un de mes terroirs " biologiques " d'origine également. (côté paternel espagnol, conçu et né au Maroc). C'est également mon " arrière-pays ", au sens de Bonnefoy.
Comment tout cela se mélange-t-il ... ?
Quand je vois ces images de Sud, je sais que c'est " chez moi ", comme les images de Sensorie
. Comme nous y serons ensemble, nous sommes en train de retourner " chez nous".
Images de lieux de passages, eau dans la nuit verte, confidences derrière les feuilles, jarres posées à même le sable...
Croiser à rebours le temps de son enfance, effacer des regrets, renouer avec son passé, faire un " pélerinage aux sources ", toutes ces sensations que nous offre notre rencontre, c'est beaucoup à contempler d'un coup.
Et plus profond encore dans la nuit qui recueille nos serments et nos chants, cette union de l'Homme et de la Femme, redevenue sacrée, grève solitaire et éternelle, en nos esprits un instant déserts, où se rencontrent ceux que nous avons étés et que nous serons.
Et même, une fois rendus à la pièce et à ses meubles, ces coïncidences, " inexplicables ", ou au contraire " impliées " devant nos yeux rouverts ?
C'est d'autant plus grand que la magie de l'amour mélange nos deux mers par de nombreux bras et que nous assistons, je crois un peu médusés, au spectacle de la découverte de la profondeur d'un autre océan.
Qui écrit sur nos lèvres, à l'argile pastel, les arabesques que nous laissons sur nos corps ? Qui chante cette même musique, alors, à travers la fumée, quand nous frissonnons ensemble ?
C'est un déluge dont l'idée ne s'est pas encore rassise...
Et nous laisse perplexes...
L'Espace, le Temps, l'Esprit, la Matière, tissés dans le feu de l'Amour, voilà le présent qu'on nous a fait, la clé qu'on nous a donnée, celle qui ouvre le livre de l'aventure humaine et nous le pose sur les genoux.
Il n'y a pas d'entrée, de sortie, tout fait sens...
5. Le vendredi 7 mars 2008 à 11:54, par sensørie
Oui Silent, mon tendre parallèle, et la tentation est grande de nous fondre dans l'extravagance de notre puissance conjuguée.

Allez, nous pouvons bien l'avouer simplement : la pensée de disparaître ensemble nous a traversés, ce n'est pas rien comme réponse humaine à la cosmique !
Oui, c'est là que j'oriente. L'absolu peut rendre fou. Heureusement que nous sommes des êtres équilibrés.
Il est facile de demander, il est plus difficile de recevoir. Malgré ma nature impatiente, ma volonté, j'ai lâché prise, renoncé à forcer l'univers à me donner ce que je voulais et j'en suis très heureuse maintenant. Quel danger d'invoquer sous quelque forme que ce soit ! C'est pourquoi je ne suis pas d'accord avec l'usage de rituels et pratiques... Pas d'accord avec plein de choses, oui, restons vagues, ça vaut mieux. Salut à mes amis extraterrestres les uns pour les autres.
Nos vœux de cœur, d'innocence, suffisent à déclencher un processus de matérialisation, activent tout ce dont nous avons besoin pour nous accomplir en perfection. Rien de ce que nous vivons ne nous est vraiment hostile mais ça cafouille grave parfois parce que nous avons peur, ayant perdu la mémoire de ce pourquoi nous nous sommes incarnés sur cette terre, mais notre âme elle se souvient. S'en remettre à l'univers est être dans les bonnes mains.
Je peux enfin être une force de la nature sans craindre pour l'autre, jouïr d'être aux côtés d'une autre force de la nature, c'est en soi un présent magnifique.
L'odyssée commence, Festina Lente.
6. Le vendredi 7 mars 2008 à 13:36, par Prince Judicael
Alors...je resterai Prince pour les autres princesses
7. Le vendredi 7 mars 2008 à 13:59, par sensørie
Prince et sage, c'est merveilleux. Tu vas faire un malheur Judicaël.
Cool avec les filles, hein, promis, cher Poisson ? Je plaisante pas !
Tiens, je me dis que nous nous croiserons certainement en terres du Sud au détour d'un rocher plongeant sur la mer.
Je nous sens bien Silent et moi accueillir pour une escale ceux qui le souhaiteront. J'ai toujours rêvé d'avoir une chambre d'amis.
8. Le lundi 10 mars 2008 à 15:13, par Silent (porte-voix)
Ici le temps n'est plus le même. Il faut se dépouiller, se laver pour entrer dans le domaine de la mémoire.
Nous faisons ce voyage ensemble, mais, pour Jemia, il s'agit d'un tout autre parcours. Elle n'avance pas seulement sur cette route, vers Smara et la Saguia el Hamra.
Elle remonte aussi le courant de l'histoire, de sa propre histoire, afin de trouver la trace de sa famille qui a quitté cette terre pour émigrer vers les pays du nord, vers les villes.
(Extrait de Gens des nuages, Jemia et J.M.G. Le Clézio, Gallimard 1997)
9. Le lundi 10 mars 2008 à 15:18, par Silent (porte-voix)
Ainsi te sens-tu emporté dans cette migration intérieure dont nul jamais ne t'a parlé.
Prêt pour des noces dont tu ignores tout, mais auxquelles il faut bien que tu répondes : "On y va ? On y va."
Et tu y es allé. ...
Que cherchais-tu ? Cette nuit-ci, tu étais presque au but.
Qu'as-tu donc découvert en toi qui était si près d'apparaître ?
Saint-Exupéry, Un sens à la vie (Reportages), Gallimard 1956
10. Le dimanche 23 mars 2008 à 19:11, par fluorine
Je suis toute émue de vous lire
Waouhhhh
Je vous souhaite du bonheur éternellement.
11. Le dimanche 23 mars 2008 à 19:50, par sensørie
Bonsoir Fluorine.
Tu sais, un peu d'encouragement n'est pas de refus : organiser notre vie ensemble est un vrai casse-tête entre notre désir et notre raison.
Nous sommes déterminés et jusqu'auboutistes, aucun doute en nous, mais quel tempo suivre et surtout comment trouver de la quiétude dans notre intensité tant que nous ne vivons pas l'un avec l'autre ? Plus le temps passe, plus notre ardeur nous précipite et il nous faut assurer professionnellement entre autre.
Plus que jamais, j'ai besoin des anges, écouter mon cœur ne suffit pas. Il m'est difficile de me recentrer alors qu'une moitié de moi-même est ailleurs !
Et ça va toi ?
12. Le dimanche 23 mars 2008 à 21:36, par fluorine
je ne demande pas mieux qu'être un de tes anges sensørie !!! c'est trop d'honneur... en plein équinoxe de printemps :
bulletin meteo astrologique
et ne t'inquiètes pas tout s'arrange tout seul.... j'ai très très confiance en toi moi, en vous !
bises
13. Le lundi 24 mars 2008 à 11:09, par sensørie
Tiens, je ne savais pas que tu côtoyais ce réseau là.
14. Le lundi 24 mars 2008 à 22:29, par fluorine
En fait tout m'intéresse... et je butine partout comme la gourmande que je suis !!!
Bonne semaine
15. Le jeudi 10 avril 2008 à 17:37, par moizelle
Méditation à la source des paroles portées par Silent
Je déteste les pèlerinages vers la Réalité du monde.
J’ai posé les pieds sur terre en Martinique sans mot dire
Je me sentais aspirée, absorbée par cette île que je refusais d'imaginer ou d'entrevoir
Cette île de papier que j'avais découverte entre les lignes, entre deux tropiques, je m 'y fiais spontanément, sans savoir. Comme la rose, sans Pourquoi.
J’aime ignorer le sens, ignorer le code et le langage
Langage d'amour sorti des trippes tandis que les danseuses de samba sautillent
Aimer, c’est sortir des sentiers battus de sa langue
Cette île plantée dans la tête des uns, dans le coeur et les rêves des autres, elle n’était pour moi rien qu'un Là -bas.
Un territoire à venir qui se taisait. Mon regard nu sur son nom. Rien à dire. Mon avenir informe impossible à lire dedans.
Une île où j’avais tout à découvrir, même l'origine
Une petite tache verte sur une grande tache bleue. La promesse de Levi Strauss comme sceau, je me suis embarquée dans l’aventure vers la Beauté du Monde. Elle ne se raconte pas, elle se contemple en silence, elle se contemple incompréhensible
La Beauté précède le sens, la pensée déchire le voile et passe à côté de ce qui luit en dessous.
Une fois le langage interposé, il ne reste qu'une image. Belle, toutefois.
Un oeil vert dans un oeil bleu. Un oeil ouvert sur la couleur du monde
La Martinique miroir m'inscrit dans mon propre regard.
Un point de chute pour phare, et mon apparition
Je l'avais désirée ... d'un de ces désirs tranquilles qui sont si particuliers, un désir sans aucun manque, un désir silencieux sans illusion, sans voile, sans amour de l’impossible.
Le regard qui cherche se perd tant de fois
L'île se taisait et je la vivais silencieusement, sans poser de mots dessus. Inconnue, je ne sais .elle était pour moi silence et virginité du regard. Le regard habille la vie et consacre sa disparition quand il se dénude.
Attendre sans attendre que le monde se révèle, qu'il vienne à soi sans voile, sans ombre, sans nuages ...
Faire un nid en soi pour un nouveau regard, loin de tout souvenir, et laisser naître ce qui vient à soi après avoir traversé le ciel. Laisser apparaître l'Inconnu sans détourner la tête
Descendre d'un avion et ouvrir un vrai Regard sur le Monde
Eveil ...
c’est vert.
Se chercher Soi, dans son propre regard. Partir en quête, combattre pour l’amour vrai de la vie ? Tout ça s’est passé en silence, sans une pensée, sans agir. Je me suis colletée à la beauté du monde, j’ai appris à sourire
En attendant la Martinique, j’étais détachée. Je ne l’ai pas pensée, je ne l’ai pas créée avant de la connaître, c’est elle qui m’a devancée. Elle a posé la première un regard droit sur moi, un regard intérieur.
Je me suis sentie attirée par l'énergie du monde et la vie Ailleurs
Ici,
Qui suis-je devenue?
Il y a quelques soirs, j’ai embarqué mon corps et une masse de rêves obscurs et denses en direction de Fort-de-France. Je me suis sentie posée sur l'écorce terrestre, mais à moitié, au coeur de la nuit, sans y pénétrer vraiment. J’étais presque là une partie de moi demeurait déçue.
Pourquoi ?
Moizelle, tu ne peux pas te remplir des autres, tous ces autres qui s’amusent et qui rient, ils la trouvent où cette énergie ? Moizelle, tu ne peux pas te repaître de cette réalité qui jette de la poudre aux yeux, la Réalité de ta nuit, elle est autre.
Tu cherches le soleil quand il fait noir, quand les autres regardent ce qui brille, paillettes strass plumes d’autruches en panache, résilles et vacuité des images
Moizelle, où est ton Origine ? Pas ici, certainement pas ici.u ne te retrouves pas dans cet univers et tu y vagabondes. Qu'est-ce qui fait que tu te sens si triste ?
Y'a pourtant bien la lune pour veiller sur moi, derrière son rideau de nuages. La seule chose belle qui m’a touchée ce soir là et ancrée profondément dans la beauté du monde, c'est la Nuit. La pénombre. Les lumières du port qui scintillent vaguement dans mes pupilles. Le silence autour. Et la réalité du Macadam.
je le regarde lui me dire tu sais la vie c’est dur mais la réalité c’est ça la réalité .tu comprends ? Et il est à terre et il se prosterne sur le macadam et le macadam est comme un tapis sous ses mains sous ses doigts. Le macadam est comme un tapis sur lequel il console ses peines. Je sens l'odeur âcre de la croûte terrestre sous le macadam qui attend de révéler ses vraies douleurs. La terre s'endeuille sous une étole noire. On oublie de prier, on ne sent pas on passe notre temps à foncer à côté du monde
Lui non, il baise la terre avec la paume de ses mains, genoux pliés , dos courbé sur le macadam ,à travers lui peu importe
Il baise la terre pour ne pas se mentir, moizelle quoi que tu dises quoi que tu espères c’est ça la réalité ! et tu te diras toujours que tu as fait des choix et tu te poseras des questions au sujet de ces choix , ils te paraîtront bons ou mauvais , tu jugeras , tu évalueras , c 'est la vie ,mais c 'est ça la réalité , elle est ici , là sous mes doigts c 'est ça .. Le macadam l étole noire. Je le vois posé là sur l’écorce prosterné, tellement debout pratiquement debout même couché.
Il restait entre moi et les autres tout ce besoin d’Origine, tout ce besoin de chaleur et de racine, il restait entre moi et les autres un long silence, un long mutisme. La danse convertit le silence. Trop de bruit. Trop de distance.
Entre moi et ce Macadam, trop de silence
laisse moi apprendre à toucher l’écorce terrestre de la paume, la fleur du monde se cueille sur le sol
ce macadam qui nous porte, qui nous guide , il est partout pareil, à ciel ouvert, on se déchausse pour être en nudité,
La réalité, c’est sautiller sur la beauté immobile du monde
Au delà de son mystère étincelant …au fond de la nuit ... je me suis invitée au voyage de la vie .
16. Le samedi 3 mai 2008 à 17:13, par sensørie
Moizelle, si tu repasses par là, reçois mes encouragements pour ta vie, ton bonheur.
17. Le jeudi 22 mai 2008 à 00:10, par moizelle
merci Sensorie
a bientôt !
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