un foyer au paradis
C'est un fait avéré : je suis habitée par l'esprit du foyer. Le ronronnement d'une machine à laver, le ballet d'une serpillière ou les fumets de plats glougloutants me comblent d'une belle abondance. Enfant, ma grand mère m'interdisait de mettre la main à la pâte sous prétexte qu'elle avait été une Cendrillon. Ces frustrations auraient assorti mon esprit du foyer de celui de contradiction. 
Oui bon, râlez pas, je comprends que l'on succombe à une overdose de lessives mais chez moi, c'est comme aller voter, c'est forcément une fête. Tout est exotisme dans ma vie, vu que je fais tout à l'envers !
Là par exemple, je deviens une petite fille qui sort sa panoplie, pour ainsi dire, ce que j'apprécie dans mes nombreux déplacements, c'est enfin balader mon fer à repasser de voyage. Je vous dis pas sa fierté sur la table de nuit de la chambre d'hôtel et la volupté d'un tel spectacle (oh ! dommage, j'ai pas fait de photo !). 
Il me faut l'admettre, mon esprit du foyer me fit affronter de terribles dangers, mais heureusement, grâce à mon esprit de contradiction, je fais aussi très bien la chasseresse et l'éthérée... Chic, ça c'était avant : enfin, être moi, simplement, accueillir dans mon cœur cet esprit du foyer (pour le moins assoupi) lui souhaiter la bienvenue et faire offrande de moi à l'amour. 



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Commentaires
1. Le lundi 10 mars 2008 à 15:31, par Silent (porte-voix)
Elle aime, de la paume, caresser la pierre, caresser ce qu'il y a dans la maison de plus sûr et de plus durable. Ce qui peut vous porter longtemps comme un navire...
Saint-Exupéry, Courrier sud
2. Le lundi 10 mars 2008 à 16:14, par sensørie
C'est bête, je ne comprends jamais les citations, j'en ferais bien un complexe mais il y a plus intéressant dans la vie. Euh... oui oui, sinon, je sais lire.

Il n'empêche que je suis heureuse de faire ta connaissance, Silent porte voix. Que de facettes ! Pour toi aussi, les fées penchées sur ton berceau avaient l'humeur expérimentale.
3. Le lundi 10 mars 2008 à 17:17, par Silent (porte-parole)
Mais il n'y a rien à comprendre, sinon au sens étymologique " prendre avec (soi)".
Cette phrase devrait pourtant particulièrement te parler. La paume, la pierre, un sentiment qui naît du contact, quoi de plus sensoriel.
De cette solidité touchée, vécue, intérioriser la sensation de sécurité, puis l'étendre à la maison, faite de pierre, d'une matière qui isole, dans la durée, de l'extérieur, comme la coque d'un navire de l'incertitude de l'eau.
La paix intérieure, la paix du foyer, sa certitude et sa sécurité, c'est toi.
4. Le lundi 10 mars 2008 à 17:38, par sensørie
Une mise en lumière de ce texte par toi, ça c'est sensoriel.
5. Le lundi 10 mars 2008 à 19:19, par Silent (apprenti-psy)
Rapports entre le langage et la matière :
Le mot "texte" trouve son origine étymologique dans le latin "textus", le tissu. En langue dogon, le tissu se dit "soy", qui signifie "c’est la parole".
Le mot "réseau", lui, vient de resel qui signifie « filet ». Cette image d'un tissu à maille très large rejoint la trame du texte, la relation qui se tisse à l'autre.
C'est une des raisons pour lesquelles j'aime ce passage de " Domicile conjugal", de Truffaut, le dîner final au restaurant, où le mari quitte sans cesse sa japonaise pour téléphoner à sa femme, pourtant si récemment abandonnée
Malgré la situation frisonrochesque de la cabine, il lui est plus facile de renouer avec sa femme les fils d'un dialogue en français que de dire trois mots en face à face, ces mots de japonais pourtant laborieusement appris dans la fièvre de la découverte.
Elle est poignante cette émotion qui étreint l'intellectuel casanier au moment où le remords lui montre le gouffre ouvert entre lui et son nid, allègrement franchi pourtant à l'aller sur le pont de cordes par l'aventurier enhardi de l'ivresse amoureuse.
Quel exotisme allait-il chercher, quelle distraction d'un univers où tout était téléguidé comme ses petits bateaux ? Quelle sera son étrange peine lorsque lui aussi rentrera au port ?
Et comme elle est cruelle, cette double mutité en miroir des deux femmes, laissant l'homme libre de ses choix, respectant toujours son indécise décision, ennoblie tout à touit de la colère ou l'obéissance.
Cet immémorial ballet est planté dans le coeur assez doucement, avec des roses, comme la tempête plante des fétus dans les troncs. Et j'aime que l'image de ces variations sur l'incompréhension et la distance passe par l'usage du langage.
Bon, sinon pour revenir au fil initial, essayons un peu d'interprétation, alors.
Première couche : Ayant (enfin?) l'impression d'avoir une maison autour de toi, tu re découvres(enfin?) le bonheur simple du foyer ?
Seconde couche : Ayant (enfin?) une coque solide autour de toi, tu te permets (enfin?) d'être fragile ?
Troisième couche : Etant toi-même ainsi renforcée par ce sentiment de sécurité, souhaites-tu devenir (enfin?) à ton tour une maison dans la maison ?
Ces questions n'ont pas pour but de te faire répondre, c'est juste un rébus
Et, euuh, je t'aime
6. Le lundi 10 mars 2008 à 20:01, par sensørie
J'ai un programme de travail assez chargé, Silent (apprenti psy) on se demande pourquoi (gnark gnark) et toi, pendant ce temps là, tu te fais tes figures libres sur tes patins à glace, alors moi je dis que c'est trop injuste.
Si je te laisse faire comme tu es parti : première couche, deuxième couche, troisième couche, on va droit jusqu'à l'infini !
Je réfléchirai à tes questions.
7. Le vendredi 14 mars 2008 à 03:01, par moizell
la perfection à tous les étages
8. Le mercredi 19 mars 2008 à 21:55, par fluorine
C'est aussi parce que tu es libre sensørie... libre de ta vie, de ta destinée... plus rien ne te pèse...
ps à silent j'apprécie hautement son explication de psy-tation
9. Le vendredi 21 mars 2008 à 09:18, par sensørie
Je n'ai toujours pas trouvé que répondre à ton commentaire, Moizell, bien sûr, pourquoi répondre quelque chose ? Ben, ça sonne comme un silence sinon. Reçois donc juste un petit signe de la main. Tu le vois là ?
Ah ! Fluorine, il y avait bien longtemps que tu ne m'avais parlé de liberté. Non, plus rien ne me pèse, c'est même un peu inquiétant.

Il faut admettre que mon esprit du foyer se régale d'autant que ma vie présente est nourrie de l'esprit du voyage, tout ce mouvement a de quoi oxygéner, stimuler, mettre du vent dans les ailes. J'ai trouvé là mon équilibre, enfin.
Avant la rencontre de Silent, je cherchais à vivre des instants parfaits. Maintenant, tout glisse, tout est dans mon cœur. L'amour - partage a réponse à tout.
Une belle journée à vous.
10. Le vendredi 21 mars 2008 à 23:32, par Silent
merci Fluorine de ce petit mot. Je suis encore un peu nouveau ici
En réponse à la dernière ligne du commentaire de Sensorie et au post de Moizell, je dirais que oui, cette plénitude d'être connectés " à tous les étages" nous laisserait presque sans voix pour la dire.
Comme si l'insatisfaction tirait son énergie de l'impatience à se manifester, à l'inverse l'étonnante évidence du bonheur emplit notre vie sans question.
Il y a un proverbe anglais qui dit quelque chose comme : " It's the wheel that squeaks that gets the grease", littéralement : " c'est la roue qui grince qui reçoit la graisse", pour signifier : " si on veut obtenir quelque chose, il faut le demander" et par extension dans le monde de l'entreprise : " c'est celui qui se plaint qui est augmenté".
Je crois que nous formons une telle unité avec Sensorie que nous ne demandons plus rien à l'extérieur.
Comme chacun de nous avait une insatiable curiosité du monde, nous continuons cependant de le parcourir pour s'en nourrir.
Mais, oui, perfection à tous les étages par lesquels nous sommes connectés, c'est à dire le corps, le coeur et l'esprit.
Nos corps se parlent un éblouissant langage qui nous laisse pantelants sur des rivages inconnus, nos coeurs découvrent leur infinie douceur et se murmurent d'éternels serments, tandis que nos esprits sillonnent le ciel des constructions, comparent les motifs et les modèles.
Maintenant c'est sûrement le mot " perfection" qui nous a empêché, au moins en partie, de répondre. Nous avons tellement l'habitude de l'éviter, par politesse. Surtout ne pas se comparer à la perfection.
.
Mais c'est pour dire qu'on a vécu. Lorsqu'on a pris la peine d'apprendre un instrument et qu'on entend jouer un virtuose, lorsqu'on mesure vraiment la distance, on a vraiment vécu cette honte, et c'est bon
Mais là nous voyons quelque chose se dérouler sous nos yeux, nous assistons à quelque chose qui arrive à notre vie, et qui, quelque part, n'est pas seulement chacun de nous, mais est plus que nous.
Nous assistons, je le répète un peu médusés, à la réalisation de plusieurs phénomènes qui relevaient auparavant de diverses mythologies allant du folklore amoureux à la tradition ésotérique, en passant par d'autres parties de la culture psychologique et de nos itinéraires personnels.
Nous en sommes pour le moment à inventorier les apparentes coïncidences qui nous ont guidés l'un vers l'autre, et cela n'intéresse pas forcément tout le monde sur un blog, mais il y aurait de quoi ouvrir un débat sur le hasard.
Ce n'est donc plus simplement à chacun de nos étages que nous sommes connectés mais à d'autres endroits des temps de l'Histoire.
C'est donc une perfection étrangère à nous, totale, globale, et pourtant que nous contemplons ( ne pouvant contempler que) en nous.
11. Le dimanche 23 mars 2008 à 01:51, par Moizell
j 'ai trouvé beaucoup de lumière ici , dans ce foyer en paradis ,
ce foyer , c'est aussi "une maison dans la maison" un nid tressé à la force du coeur où vibre l'amour de part en part . même si l'on ne fait qu'écouter et qu'on a le souffle coupé , c 'est un paradis d'où l'on ne peut pas chuter . sensorie est comme une guérisseuse d 'âme et de langage et ses mains qui transmettent les signes referment les blessures , pansent et montrent la direction .
la voix de silent se tresse et vibre dans la sienne qui ancre et diffuse le carmen profond des mots . les portes s'ouvrent , le coeur se démultiplie à l'infini
le boudoir est devenu l 'endroit où j 'aime me retrouver seule parce qu'à l 'intérieur je ne le suis plus du tout . c 'est une famille du dedans . même de l 'autre côté de l 'atlantique il me fait signe . tiens , va rencontrer sensorie et silent ... quelquefois je trépigne d 'impatience alors qu'il me suffit de voyager dans les archives ... déclic ...tout était déjà écrit et silent est venu faire fusionner toutes les langues à l'unisson ...
12. Le dimanche 23 mars 2008 à 02:30, par Silent
Je laisse des commentaires à mes commentaires, maintenant, ça devient grave
Je voulais ajuster qu'il n'y a pas qu'en nous que la perfection nous est donnée à contempler. L'autre jour je me suis surpris à dire : " c'est tellement simple, c'est tellement beau".
Je ne voyais rien d'autre que le monde dans sa pure présence, le temps accoucher de chaque seconde, et les deux se mêler dans une animation en 3D grandiose.
Evidemment c'est la rencontre avec Sensorie qui m'a permis cela. Nos esprits s'aident à cerner les contours de nos constructions conceptuelles, mais non seulement dans le plan propre de l'intellect, mais aussi dans ses limites et ses attaches avec les autres plans, celui du sensoriel et du spirituel.
Ce qui fait que depuis notre rencontre, je peux ôter du monde la couche conceptuelle que je projette dessus, comme on enlève la peau d'une amande, et je le vois de plus en plus tel qu'il est. Au début j'avais simplement l'impression que ma vue s'était aiguisée, je voyais les couleurs plus vives, les lumières plus intense sur les surfaces, les objets se mettaient à briller d'une teinte propre à leur matière.
Mais ces objets manufacturés se sont mis comme à " vivre" et j'ai compris que je percevais leur pure présence, ô combien plus riche dès qu'il s'agit du vivant.
Les arbres, la nuit, la pluie, la lune, l'indicible présence du vivant scintille aujourd'hui de sa pure présence.
Je pense que c'est ce que Sensorie cherche en partie à dans ces images, cette vibration si puissante et pourtant imperceptible à nos yeux endormis, ce vent de lumière qui est à la fois en nous, dans le monde, au delà du monde, qui prend sa source ailleurs, nous traverse, et anime tout au passage.
Ce qui explique que ces images, qu'elles soient (évoquant nos sentiments ou notre intériorité), qu'elles soient (au sens d'utiliser du code), ces dernières étant les moins nombreuses mais parfois pour moi les plus intéressantes, ou enfin qu'elles soient (les photos, le plus souvent de nature), semblent flotter au même vent, battre au même rythme.
Elles un invisible et universel courant, une épiphanie, comme les fantômes, invisibles, ont besoin d'un drap.
D'où cette présence des , entre des sujets (animaux...) et des fonds naturels.
Ce qu'elles révèlent, ces images, c'est la profonde unité de nos rêves, de notre monde intérieur, et de l'Univers dans ses dimensions de la Nature, de la Vie, et du reste aujourd'hui invisible.
Ce qu'elles me donnent comme certitude, c'est que tout cela se parle, qu'il existe un langage, une " musique des sphères" de cette totalité, et qu'elle est là, à portée de nos yeux, de notre esprit et de nos mains.
D'habitude, il ne suffit pas d'une vie pour lentement comprendre tout cela, tant nous sommes petits dans ce ballet.
Ce qui nous est arrivé d'extraordinaire avec Sensorie est que nous avons rencontré chacun l'autre qu'il lui fallait pour progresser. Et dans l'emportement de nos mains, dans l'amour de nos échanges, dans le don de soi et des oeuvres, nous sentons, les yeux toujours bandés, sous nos doigts fourmiller cette unité, soudain un peu plus proche,
13. Le dimanche 23 mars 2008 à 10:10, par sensørie
Bonjour Moizell.

Tout d'abord, excuse mon filtre anti spams. Enfin plutôt excuse moi puisque je ne sais toujours pas lui apprendre à faire la différence. Donc, j'ai mis ton commentaire en ligne ce matin, Silent avait déjà posté le sien, il ne t'a donc pas lue. J'imagine son plaisir.
Tes propos sont très émouvants, extraordinaires, et me vont droit au cœur.
A l'heure où je te parle, mes proches n'en reviennent pas. Pourtant, comme tu dis, tout était là. Retrouver tous les signes est justement ce que Silent et moi faisons tantôt avec une malice d'enfants tantôt avec une sensation de vertige.
Maintenant, je sais que ce dont nous rêvons les uns et les autres est autour de nous, existe déjà; lorsque nous sommes prêts, nous voyons, nous matérialisons. Je sais que ce n'est pas facile à accepter comme réalité. Je l'ai toujours imaginée ainsi mais dans le cadre de mon monde intérieur. Dans ce monde intérieur, l'imaginaire avait toute sa place mais c'était mon moyen d'échapper à la réalité, je vivais donc une sorte de réalité parallèle, en compensant ainsi la réalité que je subissais.
Il me restait à comprendre que toutes les réalités sont une seule et même réalité. Dans les faits, tout EST. Si nous estimons que la poésie est un refuge à nos maux quotidien, elle est ainsi, si nous considérons que la lumière est partout dans notre vie, alors, tout obscurité tracassante disparaît. Non mais ça marche, j'en suis la première stupéfaite.
Il n'y a pas si longtemps, j'angoissais complètement lorsque Silent postait un "commentaire", il est tellement absolu, tellement... Je ne sais plus comment le décrire maintenant qu'il est en moi, que nous faisons UN ! Aujourd'hui, ça va, je tiens le choc.

Oui, progresser comme il dit.
14. Le dimanche 23 mars 2008 à 16:19, par moizell
merci sensorie pour tes mots ... je sens une telle filiation entre mon moi actuel et ce que tu as écrit sur ton ancienne réalité réfugiée dans l 'imaginaire que je me vois tout à coup un peu plus ! mon troisième oeil prend une de ces secousses !
en tout cas , en te lisant , tu me formules . je comprends l 'intensité énergétique que je ressens quand je voyage dans les archives et que je tombe sur certains de tes mots ou tes images ... je ne te remercierai jamais assez d 'exister ici !
pour ouvrir le débat sur le hasard (
) l'idée de silent est trop tentante :
comment ai -je rencontré sensorie ? ( j 'évite soigneusement le pourquoi ... ! )
et bien , n'appartenant plus au même fuseau horaire qu'elle depuis trois années , j'ai quitté le sud et je suis partie vivre outre-mer , ""les parallèles se sont croisées"" par Jung interposé ( heu j 'espère que je ne dénature pas ce que tu avais écrit , je parle aussi des amitiés parallèles et des parallèles terrestres (
) )
j 'ai tapé " tout ce qui n 'arrive pas à la conscience reviendra sous forme de destin ou de fatalité "
et j 'ai atterri dans le boudoir expérimental !
je cherchais à résoudre quoi en tapant cette citation sur le net ? retrouver mes racines ? répondre à la question "d 'où je viens" pour savoir "où je vais" ? découvrir "qui je suis"?
c 'était en septembre et j 'étais moi aussi en pleine recherche d 'un nouveau territoire , une maison ,que j 'ai trouvée moi aussi " par un "beau hasard magique " . depuis , le boudoir est devenu un sens supplémentaire dans ma vie , qui unifie les autres et les ancre sans cesse un peu plus . comme une clef de voûte ...
pour moi , c 'est une boussole "à tous les étages" qui me permet de revenir aux origines ou au contraire d'oser aller ailleurs visiter d 'autres versans du monde sans avoir peur , puisqu'il EST pour moi , dans une certaine mesure, réponse à tout ...
15. Le dimanche 23 mars 2008 à 16:57, par Silent
Comme c'est bon de te lire Moizell.
A part certains de nos proches tu es la première à nous renvoyer ton sentiment et de qui nous tenons ce que ça peut faire " à l'extérieur". Cela fait chaud au coeur de te lire, de savoir que tu nous entends et nous voit de façon si juste.
Quand tu dis :
Oui, si tu savais à quel point nous avons le sentiment que tout était écrit, à quel point nos langues se tressent, à quel point nous nous unissons dans cette communion, à quel point elle devient une célébration...
Si en plus ce bonheur est communicatif alors, Alleluia !
Oui, nous avons eu aussi le souffle coupé, et, dans ce soudain silence, la peur de chuter, mais non, tous nos espoirs se réalisent. On pense à la phrase " il suffit d'y croire". Oui, il suffit de croire un instant que c'est vraiment arrivé, qu'on t'a vraiment amené à la personne que tu attends depuis ton enfance, la moitié que tu appelles, ce conte de fées pour de gentils naïfs un peu crédules, oui, ça existe vraiment
Reviens nous rencontrer Moizell, viens boire à notre source de bonheur, c'est tout ce que nous demandons, que toute l'humanité retourne au paradis des amours enfantines
D'ailleurs je crois que ça démange de plus en plus de gens que d'envoyer par dessus les moulins les vieilles peurs et les haines qu'on nous transmet, je crois que la planète est prête à basculer, je ne sais pas dans quoi, mais en tout cas Sensorie et moi, on se prend par la main, et on saute dans l'amour sans limite, sans chute et sans parachute. On garde jsute un parapluie, histoire de flotter dans le rose et bleu
j'arrête là parce que je vois que tu as posté un autre billet, je vais attendre pour poursuivre.
16. Le dimanche 23 mars 2008 à 17:47, par sensørie
J'ai posté un autre billet, oui...

Bien essayé, Silent, c'est amusant, les discussions dans les billets qui n'apparaissent pas en première page sont souvent plus confidentielles.
Je suis très curieuse de ton parcours Moizell, les personnes qui changent de vie du tout au tout, s'installent à un endroit choisi, "exotique" m'ont toujours fascinée. Je comprends pourquoi maintenant, c'est ce que Silent et moi préparons et l'impatience de temps à autres nous guette, ce matin par exemple, j'ai cru devenir folle à me sentir en exil loin de lui !
Donc si ça te chante, Moizell, dis, raconte.
17. Le dimanche 23 mars 2008 à 17:57, par Silent
18. Le dimanche 23 mars 2008 à 19:02, par Moizell
alors je peux commencer à conter ...
antan lontem , aux origines , il y a ma mère , la première terre , la sienne, l' Algérie . elle s'expatrie traverse la mer laisse derrière elle un monde idyllique , une identité - racine , un paradis vert qui se brise .
devant il ya Antibes , une petite valise , plus de terre . plus de père , plus de mère . un grand vide qu'elle remplit quand même de sa joie de vivre.
elle crée une vraie petite famille . on bourlingue dans tout le sud , la provence les alpes , nous au milieu . les malles , le tri , l 'oubli .
de l 'eau coule sous les ponts et la rivière dépose entre mes mains un livre créole , chronique des sept misères de patrick chamoiseau .
j 'ai dévoré , j 'ai fusionné . je lis je relis je relie .
et puis de l 'eau coule encore sous les ponts
je le fais ? je le fais pas ? dans ma liste de voeux , je rajoute en 21ème et dernière position la Martinique .... mutation , je devrais dire métamorphose
c 'est comme ça que je suis partie outre-mer , en tombant amoureuse d'un langage . pourquoi au fond ? parce qu'il parlait à mon coeur et donnait sens ...
j 'ai traversé la mer , une autre mer , à la recherche de mes racines , à la recherche aussi des souffrances enfouies . et ce voyage dans l 'espace s 'est mué en une odyssée intérieure , une quête de sens qui croît de jour en jour ; ça fait trois années .
cette terre , cocon de substitution tissé d 'histoire , elle fait tomber les murs , elle entre en contact , révèle ,immunise . je me gorge de toute cette énergie pour oser un jour déchirer ma chrysalide . dévoilement progressif ... le meilleur des mondes possibles , rien n 'est laissé au hasard ...
sa ki la pou-w , la rivyè pa ka chayé-ï"
ce qui est là pour toi la rivière ne l 'emporte pas, un écho de jung , n 'est-ce pas ?
19. Le dimanche 23 mars 2008 à 19:32, par Silent
Houlàà, ça dégage, la mise en page
Moizell, il faut utiliser les boutons de formattage et non les caractères habituels (guillemets...)
je pense que Sensorie va te remettre ça en ordre, ou alors le mieux est qu'elle te supprime les billets et que tu remettes en page.
N'oublie pas de faire un copier-coller quelque part !
Autre chose, tu dis que tu commences, mais tu finis aussi
Pourrais-tu, si ça te dit, développer un peu au sujet de ta mère et de l'Algérie ?
Moi je suis né au Maroc, je n'y suis jamais retourné. Quand je vois des photos d'Algérie ou de là bas, je vois bien que c'est le paradis, mais quand tu le dis, ça semble plus fort, alors ça m'intéresse de savoir pourquoi.
D'autre part, tu sais que Sensorie et moi avons une relation particulière avec le Sud, je suis sûr que ça l'intéressera aussi.
20. Le dimanche 23 mars 2008 à 19:42, par sensørie
C'est bon, c'est bon, c'est corrigé.
21. Le dimanche 23 mars 2008 à 20:36, par Moizell
... alors , bouton de formattage ? je touche plus les signes du dessus et je vais simplement à la ligne , comme ça , c 'est syntaxique
Avant la chute , c 'était la vie à la ferme , la communauté harmonieuse , cultiver la terre , la rendre plus belle , plus précieuse , faire jaillir la lumière . jardin d 'Eden.
Après , y ' a la guerre . paradis brisé .
Pourquoi j'associe l'algérie à un paradis ? parce que ces belles années d'enfance en portent le sceau . parce que le mal et la réalité ne sont apparus pour elle qu'après . parce qu'elle en a été chassée . parce que tout était parfait ... je vais chercher , pour l 'instant , c 'est tout ce qui me vient ...
22. Le mardi 25 mars 2008 à 09:13, par sensørie
Bonjour Moizell.



Non, en fait il faut juste faire gaffe à ne pas laisser un espace en début de phrase sinon, ça créé un ascenseur horizontal, tu peux toucher à tout.
Ah ! ben, il t'a même pas répondu le bougre.
Je suis très heureuse de notre rencontre Moizell, nous avons plein de choses à partager. Pour ma part, c'est ta vie au présent qui m'inspire des interrogations. Faut que je bosse là, c'était un petit coucou. J'y reviendrai au fil des billets.
Passe une belle journée.
23. Le mercredi 26 mars 2008 à 00:20, par moizell
elle était recentrante cette journée , j 'ai le corps un peu moins enfoui dans mes rêves . Quel travail , la présence ! merci pour ta réponse , essentielle sensorie
24. Le vendredi 28 mars 2008 à 06:24, par Silent
Oui, Moizell, d'accord, cela fait déjà pas mal de bonnes raisons pour un paradis
Ca fait beaucoup de choses, si on regarde, et ça explique même pourquoi tu es partie en Martinique au lieu de retourner en Algérie.
Le paradis est-il donc impossible à reconstruire ? Pourquoi s'ingénier à chasser les gens du paradis, à le rendre inhabitable ?
Enfin quelque part tu en as récupéré quelque chose : ici il fait 2 degrés et il pleut
Douce nuit
25. Le vendredi 28 mars 2008 à 06:56, par sensørie
Ici 7 petits degrés mais les oiseaux sont tout joyeux. Ils t'envoient leur mélodie matinale Silent, mieux qu'un réveil.

Amusant le décalage horaire, c'est un peu comme si leur chant veillait sur ton sommeil, Moizell.
26. Le samedi 29 mars 2008 à 15:14, par Silent
@ Moizell :
Pourquoi as-tu tapé cela ? Pourquoi cette phrase ?
@Sensorie : Je t'aime, je t'aime, plus ça va plus je taime, que te dire d'autre ?
) une piste de réflexion Sheldrakienne : et si quelque part le chant des oiseaux était la du film des rêves de ceux qui, de l'autre côté de la terre, dorment ?
Ah si :
Tu sais qu'on ne sait toujours pas pourquoi les oiseaux chantent ? Pour se parler, évidemment. Pour réveiller les autres bien sûr, mais encore ?
Eh bien tu viens de m'ouvrir (encore, tu es vraiment ma muse, mon étoile et plus encore, je t'aime
Ils chantent à l'aube en fait pour bercer l'entrée des autres au pays de Little Nemo...
27. Le samedi 29 mars 2008 à 22:41, par Moizell
je travaille sur mon projet-sens , c 'est donc dans une perspective généalogique que je faisais une recherche sur la notion de destin , et même au delà , sur sa "symptomatisation" ... j'ai lu "aïe mes aïeux " , j 'ai lu des trucs par ci par là , mais cette phrase de Jung est un mystère étincelant .. qui m 'a accompagnée chez Sensorie ....
sensorie merci pour le chant des oiseaux
je vais parler de vous aux colibris ...
28. Le dimanche 30 mars 2008 à 14:21, par sensørie
Bonjour Moizell, marrant ce coin de branche pour discuter.
Les colibris, avec nous, les colibris, avec nous !
29. Le dimanche 30 mars 2008 à 22:08, par Silent
Bonjour Moizell
Un mystère étincelant, c'est beau comme l'épée d'un croisé qui trouve la porte de la salle au trésor sous la crypte d"une chapelle de montagne à Imbros et Ténédos.
Passés le crissement des buissons, la brûlure des tissus après la longue montée sous le soleil, c'est comme un frisson de fièvre qui assaille le marcheur. La pierre est trop froide, l'ombre l'a coupé du monde.
Etc.
On pourrait continuer comme ça, mais ce qui m'a plu dans le paragraphe ci-dessus, c'est que je me suis senti autorisé d'enlever les guillemets de citation à , car l'idée regardante de la comparaison qui suit s'ajoutait à celle dont le besoin est amené par la citation, et ainsi les deux s'annulaient comme le résultat de la multiplication de deux entiers négatifs.
Sans parler de l'accord au masculin du participe passé antéposé malgré la brûlure (oui je sais), moi je dis que quand on peut faire une petite pique aux dames sans violer le règlement, faut pas se gêner. D'ailleurs elles adorent ça. Ce n'est pas la moindre de leurs contradictions
S'il y a un autre être humain sur terre à qui ce genre de choses donne un frisson de plaisir, je serais curieux d'avoir de ses nouvelles.
Soyez rassurée, ma chère Sensorie, sans tomber dans la caricature, mon expérience m'a prouvé que ce genre de masturbation intellectuelle est plutôt pratiqué par des hommes.
Comment, cela ne vous rassure pas ?
Mais tout cela ne nous avance pas beaucoup. Revenons à notre sujet. Moizell, tu ajoutes une nouvelle pièce du puzzle à chaque post, je vais essayer de te dire où j'en suis : Tu sous-entends que dans le cadre de tes recherches généalogiques, par cette phrase (l'épée), t'es venu cette idée que ce qui n'aurait pas émergé à la conscience d'une génération (en tant que problème à régler par une lignée) réapparaîtra (pourrait réapparaître) sous forme de destinée dans la (une) suivante, c'est ça ?
30. Le lundi 31 mars 2008 à 23:44, par moizell
le puzzle se métamorphose , les personnages se condensent ou se démultiplient , suis-je en train d'effleurer du doigt l'image dans le tapis ou de tromper sept fois ma langue inapte à traduire une histoire qui m'empêche d'écrire ? Silent , merci
je me surprends à rêver ...Donc mettre à tout prix la main sur l 'épée ... mais comment la desceller au juste ? je suis partie en quête sans armure . impuissante . Non ,j 'oublie . j 'avais un heaume et un haubert en tête , plus une armée de rêves pour me rasséréner .

j 'ai commencé à cheminer pour transcrire tout ce qui fait signe .
tout ce qui n 'arrive pas à la conscience reviendra sous forme de destin ... remettre de l'ordre dans les origines pour inverser le paradigme .je pense aux colporteurs d'histoires , aux chansons de Geste , et j'imagine le sens qui glisse de main en main , qui se love entre deux interstices et qui ,après maintes circonlocutions , au fil de la plume ou au fil de l'épée , trouve son rythme et se traduit pour assumer sa transmission limpide , quoi qu'il arrive .La parole est une épée qui fait rendre gorge , je dois apprendre à m'en servir .raconter l 'histoire en mille ou en une nuit revient au même ce qui compte , c 'est l 'éclipse , le moment ou le passé atteint le futur et transforme la racine . le moment du déclic . silencieux , probable. désiré . tant attendu ...le moment où l'on guérit et où l'on passe à autre chose . ce qui frappe le regard , ce qui étreint , tout est à lire . les bons comme les mauvais coups du destin .pourtant il est chaque jour plus insondable , plus indicible..si seulement j'avais sous la main le perroquet (l 'épée ? ) du capitaine haddock !!!!! tout serait tellement plus simple à traduire!
Sensorie , une bise des colibris huppés , je passe le message !!et pardon pour la mise en page , quand je vais à la ligne ça sectionne le texte , du coup j'ose plus laisser d'espace entre les lignes et tout sort en bloc !
31. Le dimanche 6 avril 2008 à 00:25, par sensørie
Disparition... réapparition. Me voici de retour.
Figure toi Moizell qu'un jour, après des années de cache cache, je me suis retrouvée face à mon , j'ai enfin eu accès au passe qui ouvrait toutes mes portes, eh bien ! je peux t'assurer que l'onde de choc a été telle que j'ai loué le temps : cet élan pris avant de sauter mon précipice, et compris à quoi servait la !
C'est le top de prendre conscience mais encore faut-il survivre à la délivrance. Maintenant, je suis persuadée que lorsque l'on est prêt(e), tout se dénoue. Reste le mystère de cette mise en condition, cette préparation, chaque être est unique.
Pour la mise en page, te prends pas la tête. Pour aller à la ligne, tu cliques sur la flèche à la fin de ta phrase (7ème bouton en partant de la gauche de la ligne sous les smileys). Eh oui ! c'est comme dans la vie, tout est simple et rien n'est simple.
32. Le dimanche 6 avril 2008 à 21:55, par Moizell
Youpi , je suis super contente de te retrouver chez toi Sensorie
j'ai pas la pêche ces jours-ci, la déprime de la pré-trentaine , mon corps me joue des tours , jambes coupées , ça déracine ! je me retrouve au lit et c 'est bof bof . je me dis qu' après cette petite rechute il y aura comme toujours une remontée , donc patience ...
Je vais donc t 'écouter et faire la tortue pour accéder petit à petit au "secret" et ne pas me précipiter la tête la première sur des vérités que je ne pourrai pas encore digérer. Patience, la guérison a besoin de temps pour faire son travail purificateur , l 'essentiel , c 'est de pas perdre l'envie , même quand au fond de soi tout semble désespérément immobile !
pour me donner du courage je pense à votre printemps et aux petites fleurs qui parent les arbres fruitiers et bordent les coeurs de l 'autre côté de l'Atlantique
33. Le lundi 7 avril 2008 à 23:48, par Douce Perle
Califades
L'homme revient de la nuit en mer,
la tête la première sur les récifs : c'est l'éclipse
Tu trempes ta langue 7 fois dans l'encrier
Et tu décores de coeurs d'acier la bordure du tapis
Tu descelles le croisé par le contact, tu sais bien le faire
J'ai vu le rayon quand tu as bougé ta fenêtre, la tête
De ton poisson d'argent a cillé
Tu mens, piment ! Tu es nue par moitié
Selon les jours du mois, menthe et poivre, pilon et mortier
Tu tournes ton doigt émacié dans l'eau claire, silencieuse
Trop souvent guérie par le déclic ?
ça monte, ça monte, et soudain, le même paysage
Couvert d'oeufs, ça fume
ça te va comme ça ?
Ou bien tu préfères qu'il reparte, entre les interstices
Lézard haletant, locomotive incertaine des sens
Courant sur les murets, dans les rigoles
Pour finir au dos des timbres ?
Venez sous l'érable, il est là
Venez vite, aux abois, le sens
Il brille encore du sel
Sensorie l'avait laissé là, et Moizell a joué avec
Elle l'a tourné 7 fois dans l'éther
La Tour Eiffel a fondu
Le bois nous obéit ( c'est un cadeau)
Martine s'est endormie
Au chant des oiseaux
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